L’article explore les concepts de matière et femme dans la pensée de Giordano Bruno. Rompant avec les schémas traditionnels du genre, il développe un renversement de l’analogie classique antimatérialiste entre femme et matière, contre les définitions scolastiques-aristotéliciennes et néoplatoniciennes de ces concepts. Si dans la tradition philosophique et théologique « la femme n'est rien d’autre que la matière », passive et imparfaite, Bruno récupère cette analogie classique, en la renversant dans un sens actif et positif. De la considération féminine et pécheresse de la matière et de la femme, il repense une image de celles-ci comme actives, maternelles, divines et génératrices infinie de vie, renversant le jugement aristotélicien. Dans la perspective ontologique de Bruno développée dans le De la cause, du principe et de l'un (1584), la matière et la femme représentent la force active et génératrice de la nature et de l'histoire. En outre, les principales voix philosophiques de ses textes sont des personnages féminins, comme par exemple dans le Chandelier (1582), le Cantus Circeus (1582), l'Expulsion de la bête triomphante (1584) et les Fureurs héroïques, avec Morgane, Circé, Sophia et Diane. Ces personnages ont la fonction de rétablir un rapport correct entre la logique et l'ontologie, la réalité et l'apparence, que la tradition scolastique-aristotélicienne avait perturbé en superposant les réalités logiques et nominales à l'être et à la nature.
Activité, matérialité et féminité chez Giordano Bruno. Réciprocité ontologique et renversement d'une analogie misogyne et antimatérialiste / Gisondi, Giulio. - (2024), pp. 63-83.
Activité, matérialité et féminité chez Giordano Bruno. Réciprocité ontologique et renversement d'une analogie misogyne et antimatérialiste
Giulio Gisondi
2024
Abstract
L’article explore les concepts de matière et femme dans la pensée de Giordano Bruno. Rompant avec les schémas traditionnels du genre, il développe un renversement de l’analogie classique antimatérialiste entre femme et matière, contre les définitions scolastiques-aristotéliciennes et néoplatoniciennes de ces concepts. Si dans la tradition philosophique et théologique « la femme n'est rien d’autre que la matière », passive et imparfaite, Bruno récupère cette analogie classique, en la renversant dans un sens actif et positif. De la considération féminine et pécheresse de la matière et de la femme, il repense une image de celles-ci comme actives, maternelles, divines et génératrices infinie de vie, renversant le jugement aristotélicien. Dans la perspective ontologique de Bruno développée dans le De la cause, du principe et de l'un (1584), la matière et la femme représentent la force active et génératrice de la nature et de l'histoire. En outre, les principales voix philosophiques de ses textes sont des personnages féminins, comme par exemple dans le Chandelier (1582), le Cantus Circeus (1582), l'Expulsion de la bête triomphante (1584) et les Fureurs héroïques, avec Morgane, Circé, Sophia et Diane. Ces personnages ont la fonction de rétablir un rapport correct entre la logique et l'ontologie, la réalité et l'apparence, que la tradition scolastique-aristotélicienne avait perturbé en superposant les réalités logiques et nominales à l'être et à la nature.| File | Dimensione | Formato | |
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