Malebranche ne s’est pas engagé ouvertement dans la Querelle des Anciens et des Modernes, mais dans le cadre de l’Académie des Sciences, à partir de son renouvellement en 1699, il a animé un groupe de savant résolument “moderne” . À en croire Charles J. Beyer, il a été, du moins en philosophie, un “moderne” plus vigoureux qu’on ne le pense d’ordinaire . Or, si l’on remonte à la Recherche de la vérité, son premier ouvrage (1674-1675), on trouve bien chez ce philosophe des traces d’esprit “moderne”, qui s’expliquent par l’influence qu’a exercée sur lui la pensée cartésienne. Dans ce texte, s’opposant à toute attitude respectueuse à l’égard des philosophes antiques, Malebranche affirme clairement que ce sont « l’expérience » et la « vieillesse du monde » qui permettent de découvrir la vérité et qu’en philosophie il faut aimer la nouveauté . Dans cet article, nous reconstruisons en premier lieu le contexte dans lequel ces affirmations s’inscrivent ; ensuite nous faisons ressortir la vision globale de l’histoire de la philosophie esquissée par l’oratorien dans la Recherche de la vérité ; nous examinons enfin son attitude vis-à-vis des textes théologiques et des vérités révélées.
L’attitude “moderne” de Malebranche face à l’autorité des textes philosophiques et théologiques / Carbone, Raffaele. - (2019). ( Anciens et Modernes face aux pouvoirs: l’Église, le Roi, les Académies (1687-1750) Université Jean Monnet Saint-Étienne 19-21 giugno 2019).
L’attitude “moderne” de Malebranche face à l’autorité des textes philosophiques et théologiques
Raffaele Carbone
2019
Abstract
Malebranche ne s’est pas engagé ouvertement dans la Querelle des Anciens et des Modernes, mais dans le cadre de l’Académie des Sciences, à partir de son renouvellement en 1699, il a animé un groupe de savant résolument “moderne” . À en croire Charles J. Beyer, il a été, du moins en philosophie, un “moderne” plus vigoureux qu’on ne le pense d’ordinaire . Or, si l’on remonte à la Recherche de la vérité, son premier ouvrage (1674-1675), on trouve bien chez ce philosophe des traces d’esprit “moderne”, qui s’expliquent par l’influence qu’a exercée sur lui la pensée cartésienne. Dans ce texte, s’opposant à toute attitude respectueuse à l’égard des philosophes antiques, Malebranche affirme clairement que ce sont « l’expérience » et la « vieillesse du monde » qui permettent de découvrir la vérité et qu’en philosophie il faut aimer la nouveauté . Dans cet article, nous reconstruisons en premier lieu le contexte dans lequel ces affirmations s’inscrivent ; ensuite nous faisons ressortir la vision globale de l’histoire de la philosophie esquissée par l’oratorien dans la Recherche de la vérité ; nous examinons enfin son attitude vis-à-vis des textes théologiques et des vérités révélées.I documenti in IRIS sono protetti da copyright e tutti i diritti sono riservati, salvo diversa indicazione.


