La Congrégation du Saint-Office de l’Inquisition romaine et universelle porte inscrit jusque dans son titre même son champ d’action double, qui correspond à la double nature du souverain pontife. Née pour empêcher la diffusion en Italie de la menace représentée par la Réforme, l’Inquisition retrouve sa vocation originelle et, partant, sa légitimité, après plusieurs décennies de déclin, en s’imposant comme le fer de lance de l’opposition à l’« hérésie » révolutionnaire. Dans une perspective universelle, elle participe à l’élaboration dogmatique d’une réponse à la législation ecclésiastique française, tout en contribuant, sur un plan local, à prémunir les États pontificaux de la contagion révolutionnaire, par le biais d’un renforcement du contrôle sur la circulation des livres et d’une reprise des procès inquisitoriaux. Après avoir été supprimée par la République romaine, l’Inquisition renaît avec difficulté sous la première Restauration, tandis que son réseau de tribunaux est de plus en plus limité, jusqu’à ce qu’en 1809, la nouvelle abolition soit l’occasion d’une remise à l’honneur de ses aspirations universelles, qui annonce les développements du XIXe siècle.

Faire face à l’infection révolutionnaire. L’inquisition romaine entre action locale et aspirations globales

Massimo Cattaneo
2020

Abstract

La Congrégation du Saint-Office de l’Inquisition romaine et universelle porte inscrit jusque dans son titre même son champ d’action double, qui correspond à la double nature du souverain pontife. Née pour empêcher la diffusion en Italie de la menace représentée par la Réforme, l’Inquisition retrouve sa vocation originelle et, partant, sa légitimité, après plusieurs décennies de déclin, en s’imposant comme le fer de lance de l’opposition à l’« hérésie » révolutionnaire. Dans une perspective universelle, elle participe à l’élaboration dogmatique d’une réponse à la législation ecclésiastique française, tout en contribuant, sur un plan local, à prémunir les États pontificaux de la contagion révolutionnaire, par le biais d’un renforcement du contrôle sur la circulation des livres et d’une reprise des procès inquisitoriaux. Après avoir été supprimée par la République romaine, l’Inquisition renaît avec difficulté sous la première Restauration, tandis que son réseau de tribunaux est de plus en plus limité, jusqu’à ce qu’en 1809, la nouvelle abolition soit l’occasion d’une remise à l’honneur de ses aspirations universelles, qui annonce les développements du XIXe siècle.
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