Cette étude se penche sur le roman emblématique de Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses (1782), mettant en évidence le rôle central du corps féminin dans l’économie épistolaire du roman, au cœur des méca- nismes de séduction et des logiques libertines qui en constituent l’armature narrative. Le corps, tour à tour lieu de domination, espace de vulnérabilité et vecteur de représentation sociale, s’impose comme un véritable langage, un système de signes qui trouve son prolongement naturel dans la lettre, elle-même instrument de manipulation et de dévoilement. Les protago- nistes libertins, à travers leurs échanges et leurs stratégies, transforment la chair en texte, faisant du désir un outil de pouvoir et de la séduction une mécanique discursive. Les personnages de Merteuil, Valmont, Tourvel et Cécile incarnent chacun un régime distinct de corporéité : froideur calcu- lée et maîtrise chez Merteuil, violence prédatrice chez Valmont, abandon sacrificiel chez Tourvel et naïveté manipulée chez Cécile. À travers eux, le roman interroge les multiples facettes de l’ « inclinaison », notion ambiva- lente oscillant entre expression spontanée du sentiment et instrument de contrainte ou d’assujettissement. Ainsi, comme le démontre cet essai, Les Liaisons dangereuses se présente comme un véritable laboratoire littéraire et idéologique où s’entrelacent le discours libertin, les normes de genre en vigueur au xviiie siècle, et les imaginaires du corps, révélant les tensions entre liberté individuelle, codification sociale et pouvoir des mots.
Le corps de la lettre et la lettre du corps dans Les Liaisons dangereuses. Ecriture épistolaire et stratégies du pouvoir / Gravet, Catherine; Giovanna Petrillo, Maria; Sperti, Valeria. - In: CAHIERS INTERNATIONAUX DE SYMBOLISME. - ISSN 0008-0284. - 170-171-172:(2025), pp. 109-131.
Le corps de la lettre et la lettre du corps dans Les Liaisons dangereuses. Ecriture épistolaire et stratégies du pouvoir.
Valeria Sperti
2025
Abstract
Cette étude se penche sur le roman emblématique de Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses (1782), mettant en évidence le rôle central du corps féminin dans l’économie épistolaire du roman, au cœur des méca- nismes de séduction et des logiques libertines qui en constituent l’armature narrative. Le corps, tour à tour lieu de domination, espace de vulnérabilité et vecteur de représentation sociale, s’impose comme un véritable langage, un système de signes qui trouve son prolongement naturel dans la lettre, elle-même instrument de manipulation et de dévoilement. Les protago- nistes libertins, à travers leurs échanges et leurs stratégies, transforment la chair en texte, faisant du désir un outil de pouvoir et de la séduction une mécanique discursive. Les personnages de Merteuil, Valmont, Tourvel et Cécile incarnent chacun un régime distinct de corporéité : froideur calcu- lée et maîtrise chez Merteuil, violence prédatrice chez Valmont, abandon sacrificiel chez Tourvel et naïveté manipulée chez Cécile. À travers eux, le roman interroge les multiples facettes de l’ « inclinaison », notion ambiva- lente oscillant entre expression spontanée du sentiment et instrument de contrainte ou d’assujettissement. Ainsi, comme le démontre cet essai, Les Liaisons dangereuses se présente comme un véritable laboratoire littéraire et idéologique où s’entrelacent le discours libertin, les normes de genre en vigueur au xviiie siècle, et les imaginaires du corps, révélant les tensions entre liberté individuelle, codification sociale et pouvoir des mots.| File | Dimensione | Formato | |
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